Les causes de la crise grecque, vues par un historien

Posted on 15 juillet 2015 par

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L’Europe est responsable, c’est ce qu’explique Vincent Azoulay, historien spécialiste de l’Antiquité grecque, dans L’OBS du 9 juillet 2015, pages 39 à 41, extraits :

« L’Europe a une dette vis-à-vis de la Grèce en raison des violences de guerre commises d’abord par les Italiens, puis par les nazis, mais a aussi une dette liée au fait qu’elle n’a pas pu empêcher, voire qu’elle a contribué à entretenir, une guerre civile sanglante jusqu’en 1949, faisant 150 000 morts. »

« La guerre civile grecque est une résultante de la conférence de février 1945 à Yalta, où les Alliés se sont partagé l’Europe. La résistance grecque, dans laquelle les communistes ont joué un rôle important, s’est vue délégitimée au sortir de la guerre et abandonnée par le grand frère soviétique à la suite du partage des zones d’influence. Après les nazis, les Britanniques ont mené une politique de répression à l’égard de cette résistance, pourtant extrêmement active contre le IIIe Reich. Tout cela a pesé fortement sur la vie politique grecque, en aiguisant les clivages idéologiques et en retardant la modernisation de l’Etat notamment sous la dictature des colonels entre 1967 et 1974. »

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En résumé, si la Grèce avait été dans la zone soviétique aux limites décidées dans le partage de Yalta, nous n’en serions pas là.

 
 
 
 
Illustration de L’OBS
Un révolutionnaire grec brandissant le drapeau de la rébellion, pendant la guerre d’indépendance (1821-1832) contre l’Empire ottoman (gravure d’époque). GIANNI DAGLI ORTI-THE ART ARCHIVE-THE PICTURE DESK/AFP

 
 
Sur la Grèce, quelques articles survivants des autodafés grâce à leur exil en terres accueillantes :

Grèce sur « On vous dit pas tout »

Grèce sur « Les meilleurs articles du Nouvel Obs »