Qatar, c’est triste pour les poètes, c’est triste pour les footballeurs

Posted on 20 novembre 2013 par

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Condamné à l’ombre pour avoir poétisé sur un jasmin qu’il voulait faire pousser dans son jardin.

Pour les footballeurs, le cas de Zahir Belounis, footballeur sous contrat au Qatar et interdit de sortie du territoire serait emblématique mais pas isolé. Mais aller jouer au football au Qatar, quelle idée !

Mais être poète c’est plus triste encore : Iben al-Dhib a pris 15 ans de prison pour un poème sur le printemps. Je devrais dire 15 ans seulement car sa condamnaton a été réduite, au départ c’était perpète.

Le printemps, au Qatar, ça n’existe pas, ça ne peut pas exister. Et donc on ne peut pas le chanter, ni même le réciter en poème. Il avait pourtant un joli nom ce poème : "poème du Jasmin".

C’est Delfeil de Ton, dans sa chronique "Le poète est en geôle" du Nouvel Obs du 31 octobre 2013, page 85, qui nous le raconte. Extrait :

« De par le monde plusieurs s’en indignèrent. On ne vit pas cependant, en tout cas chez les Français, aucun client de l’émir, aucun fournisseur, aucun courtisan, aucun poète, aucun chanteur, aucun artiste habitué de la ligne Roissy-Doha annoncer que tant que Iben al-Dhib serait en prison, il renoncerait à se rendre au Quatar y faire risette et courbettes aux pieds de l’émir. Pas même un footballeur, ces poètes du ballon. »