Jeu de mots, jeu de genres

Posted on 30 mai 2013 par

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La théorie des genres ça n’existe pas nous explique Uncle Obs, François Reynaert, c’est une invention des conservateurs de la société — Eric Aeschimann serait donc un conservateur puisqu’il utilise l’expression "théorie des genres" dans son article sur Judith Butler dans le Nouvel Obs du 9 mai 2013, page 74 — Ce qui existe ce sont des études sur les genres, les "gender studies". C’est kif-kif pareil au même que pour les races : il y a des études su les races, mais la théorie des races, ça n’existe pas :

« La République française ne reconnaît l’existence d’aucune prétendue théorie des genres »

Ben non, la loi qui dirait cela, c’est elle qui n’existe pas, contrairement aux races donc, parce que le genre ça existe, c’est écrit dans un Bulletin Officiel du Ministère de l’Education nationale dans lequel on peut lire ceci :

« Le thème propre aux sciences de la vie et de la Terre « Féminin-Masculin » permet de montrer comment la connaissance du déterminisme sexuel et de son contrôle hormonal a abouti à la mise au point des méthodes chimiques actuelles de maîtrise de sa procréation par un couple.
(…)
Ce sera également l’occasion d’affirmer que si l’identité sexuelle et les rôles sexuels dans la société avec leurs stéréotypes appartiennent à la sphère publique, l’orientation sexuelle fait partie, elle, de la sphère privée.
(…)
– le déterminisme génétique et hormonal du sexe biologique, et de différencier ainsi identité et orientation sexuelles.
(…)
Devenir homme ou femme
(…)
Différencier, à partir de la confrontation de données biologiques et de représentations sociales ce qui relève : – de l’identité sexuelle, des rôles en tant qu’individus sexués et de leurs stéréotypes dans la société, qui relèvent de l’espace social ; – de l’orientation sexuelle qui relève de l’intimité des personnes.
(…)
Les facteurs affectifs et cognitifs, et surtout le contexte culturel, ont une influence majeure sur le comportement sexuel humain.
(…) »

Mais si dans l’identité corporelle, il y a du naturel et du culturel, tout ce qu’on nous explique sur le sexe (un homme qui peut s’identifier à une femme ou l’inverse) n’est-il pas transposable à toutes les autres composantes du corps : le sexe, mais aussi la couverture pileuse (un chauve qui s’identifie à un chevelu), la grandeur (un nain qui s’identifie à un grand), le poids (un maigrichon qui s’identifie à un costaud), etc.etc. ?

Tous cela est peut-être sérieux, mais ressemble quand même bien à des élucubrations, des « Queer studies » comme dit François Reynaert.