Nettoyons les commissariats des délinquants qui s’y trouvent

Posted on 11 décembre 2010 par

1


 
C’est la demande des policiers aux juges : mettez les délinquants qu’on attrape en prison (par ailleurs déjà surchargées) plutôt que de les libérer après une simple audition.

Quant aux condamnations prononcées, les policiers accusent les juges de laxisme envers les délinquants qu’ils ont à juger. C’est un reproche fréquent et récurrent des policiers aux juges : nous on fait notre boulot en arrêtant les délinquants, faites le vôtre en les mettant en prison au lieu de les libérer.

« Ce sont les délinquants et les criminels qu’il faut mettre hors d’état de nuire » nous explique Monsieur Brice Hortefeux, ministre de la justice de l’intérieur.

Des juges les ont entendus, ils l’ont fait : ils ont condamné des délinquants à la prison ferme. Mais les policiers et Monsieur Hortefeux ne sont pas contents quand même : les délinquants étaient en effet des flics.

 
Retour sur les principes : discrimination des peines

Lorsque qu’on porte atteinte à une personne, on est puni, normal. Lorsque qu’on porte la même atteinte à une personne dépositaire de l’autorité publique (un policier par exemple) on est puni plus fort. Discrimination que certains trouvent normale.

Quand on fait un faux témoignage, et/ou une accusation calomnieuse, on est puni, normal.

Quand on fait la même chose mais qu’on est dépositaire de l’autorité publique, on est puni plus fort, c’est normal : les PV font foi jusqu’à preuve contraire des faits que les agents de police constatent. Cette valeur probante considérable justifie une sanction exemplaire lorsqu’il s’agit d’un faux témoignage commis par une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public agissant dans l’exercice de ses fonctions ou de sa mission : ce faux témoignage peut en effet envoyé un innocent en prison sans que celui-ci puisse se défendre, du fait de la valeur probante de ce témoignage qui ne peut être contré que très difficilement.

 
Dans l’espèce qui nous intéresse, la personne était accusée de tentative d’homicide sur fonctionnaire de police, et encourait la prison à perpétuité, du fait de ces faux témoignages de flics.

Rester en prison toute sa vie, à cause de fausses déclarations de flics, devient-on enragé ou suicidé ?

Mais pour une fois cette question n’aura pas sa réponse : on s’aperçoit que la vérité n’est pas celle des policiers, poursuivis donc (autre originalité de ce dossier, d’habitude on étouffe) pour dénonciation calomnieuse et faux en écriture.

Donc les juges condamnent les délinquants à la prison ferme.

Résultat surprise : manifestation monstre de bons policiers pour défendre le maintien des mauvais policiers dans la police. Et ils se plaignent ensuite de ne pas être aimés dans les banlieues !!!!

Une fausse déclaration d’un policier, sans doute une broutille compatible avec le maintien de ce policier dans la police. Parce que au-delà de la question de la sanction pénale avec ou sans sursis, il s’agit principalement de ça : la police peut-elle garder dans ses rangs des policiers parjures ?

Pour Monsieur Sébastien Bailly, secrétaire départemental adjoint du syndicat Alliance, cette condamnation de policiers ayant établi de faux PV, « c’est une atteinte au métier de policier ».
C’est là qu’on entrevoit la vision du métier de policier de Monsieur Bailly, bien semblable à celle de Monsieur Hortefeux. Mais qui a peur des policiers ? Bientôt tout le monde.

Quant au parquet, il fait appel : sanction trop légère pour le procureur de la République ?
"Aulnay-sous-Bois : prison ferme pour sept policiers"