Le génie des juxtapositions, Pierre Laval et Céline

Publié le 30 octobre 2011 par

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Dame plumée, la maîtresse spécialiste des juxtapositions intelligentes(*), croit au génie de Céline. C’est vrai, il a eu le génie d’éviter la potence sur laquelle monta Pierre Laval. Car le plus abject des deux ne fut pas celui qu’on pense.

Non je n’ai pas un faible pour Pierre Laval car auvergnat comme moi. Pierre Laval, ce n’est qu’un Maurice Papon qui avait encore mieux réussi mais plus mal fini. Mais il n’avait pas la même fibre antisémite que Céline. Sans antisémitisme, aucun génie pour Céline, l’antisémitisme fut sa muse.

C’est ce qui ressort de la juxtaposition de deux articles du TéléObs du 13 octobre 2011,
"Homme de déshonneur", éditorial de Richard Cannavo page 3,
et
"Le Procès Céline", par Jean-Claude Guillebaud page 40.

Extrait du second :

« Tout chez Céline commence par la boucherie de 1914-1918. Dans l’œuvre et la vie de Céline, tout le reste en découle : le pacifisme forcené des années 1930 et 1940, la complaisance pour le nazisme, la haine des juifs désignés comme « fauteurs de guerre ». »

Extrait du premier :

« Laval fait remarquer que « ceux qui prétendent me juger aujourd’hui étaient tous aux ordres de Vichy à l’époque des faits qui me sont reprochés ».Les juges s’étranglent de colère. Pourtant les faits sont là… »

 
(*) La plus intelligente (à ma connaissance, mais il y en a sans doute d’autres aussi gratinées) des juxtapositions de Dame plumée fut celle-ci : « Dachau, 14 juillet 1943, (…) Johannesburg, ce 26 décembre 1978, (…) Tel Aviv, ce 20 novembre 2009, » devant laquelle toute la secte à Kamile s’agenouilla pour prier pour tous les morts de toutes les barbarielands.

 
 
 

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